Portraits

Les Petits Ballets présentent un.e professionnel.le de la danse.

Août 2019 – Amélia Lamanque

  • Amélia, raconte-nous brièvement ton parcours d’apprentie-danseuse à l’École supérieure de ballet du Québec, et ce qui t’a marquée.

J’ai commencé le ballet à l’âge de 3 ans et ma maman m’as inscrite à l’École supérieure de ballet du Québec (ESBQ) dès que j’ai pu débuter le programme de danse-étude (le programme débutait en 6e primaire à l’époque). J’ai complété mes primaire, secondaire et cégep à la même école et je peux dire que j’en suis extrêmement fière, car ce fut beaucoup de sacrifices (pour ma maman et moi), beaucoup de travail mental et physique. Je n’ai pas d’en-dehors naturel, ce qui m’a amené à travailler encore plus fort et à persévérer à chaque jour afin d’atteindre mes buts.
Ce qui m’a le plus marquée, ce sont mes trois années au collégial parce qu’on avait le chance de travailler avec des chorégraphes de partout dans le monde et après on partait en tournée présenter les chorégraphies. C’était absolument génial !

  • Aujourd’hui, à 29 ans, quels emplois occupes-tu dans l’univers de la danse ?

Aujourd’hui, je danse encore, mais je commence tranquillement à remettre l’enseignement de la danse classique dans mon agenda. Je souhaite faire une transition fluide entre interprète et professeure. Sinon, je travaille également en mannequinat (défilé ou photo), à la télévision (figuration et troisième rôle) et j’en profite pour agrandir mon éventail en danse en apprenant d’autres styles que le classique et le contemporain.

  • Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux adultes qui commencent l’apprentissage du ballet dans un contexte de loisir ?

La première chose à se dire c’est que le ballet c’est pour tout le monde. On ne doit pas se comparer ou se décourager, ça prend du temps et de la patience, mais une fois qu’on écoute notre corps et qu’on réalise tous les progrès que l’on a fait sur une courte ou longue durée, le plaisir est non quantifiable !

Novembre 2019 – Monica Nachi

  • Monica, tu es née en Roumanie et tu as été formée en danse classique à l’école de l’Opéra de Bucarest. Pourrais-tu nous parler de ta formation et de ta carrière de ballerine ?
    J’ai commencé la danse à l’âge de 5 ans. Après avoir vu le spectacle Coppélia, je n’arrêtais pas de danser et de dire à tout le monde que je voulais devenir une ballerine moi aussiJ. À 10 ans, j’ai dû passer les auditions pour être admise dans la seule école professionnelle de ballet de la Roumanie, qui était située à Bucarest. Je me souviens encore de cette journée, car nous étions plusieurs et les places étaient très limitées (environ 40 places pour 300 candidats, venus de partout du pays).  Nous devions nous présenter devant un jury et passer des examens physiques (un docteur était sur place et il devait s’assurer qu’on était en bonne santé physique), des tests de rythme, d’improvisation et une mini classe de ballet. C’est très stressant pour un enfant de 10 ans. Finalement, j’ai été acceptée et j’ai travaillé vraiment très dur pour terminer les cours de l’école et pouvoir être engagée à l’Opéra de Bucarest. Nous avions des examens à toutes les années. Après 8 ans de travail assidu et des sacrifices (des entraînements de 6 jours sur 7, seulement 1 mois de vacances par année l’été et 1 semaine entre Noël et le Jour de l’An),  j’ai passé les auditions pour être admise dans le Corps de Ballet de L’Opéra. Encore là, la compétition était féroce. Nous avons été 7 filles à avoir été choisies et 3 garçons seulement, sur une centaine de candidats. Alors, à partir de l’âge de 17 ans, j’ai commencé à danser dans les spectacles de ballet et de l’Opéra. Ce fût vraiment magnifique, car j’étais en train de réaliser mon rêve. Danser Giselle, Le Lac de Cygnes, Casse-Noisette, Coppélia à tous les mois, côtoyer des gens extraordinaires, ça m’a vraiment apporté beaucoup de bonheur. Nous étions comme une grande et belle famille. À l’âge de 19 ans, mes parents ont émigré au Canada et j’ai dû les suivre. J’étais vraiment très triste de devoir abandonner ma carrière à l’Opéra de Bucarest, mais la vie a voulu ainsi. En arrivant au Canada, j’ai continué à danser quelques années et après, j’ai commencé à enseigner le ballet à temps partiel. Je suis retournée à l’Université pour compléter mes études, mais je n’ai jamais arrêté d’enseigner le ballet aux jeunes enfants et adolescents. En 2015, ma vie a changé et j’ai décidé de me consacrer à temps plein à l’enseignement du ballet classique. Afin d’être une bonne professeure pour mes élèves, je me suis inscrite au programme de formateur en ballet classique, offert par l’École supérieure de ballet du Québec. Dans le cadre de ce programme, j’ai appris beaucoup et j’ai rencontré d’autres professeurs passionnés avec qui j’ai pu avoir des échanges très enrichissants sur le plan professionnel.
  • Aujourd’hui, tu enseignes le ballet à des enfants et des adultes, mais également à des patineurs artistiques. Qu’est-ce que le ballet apporte à ces sportifs ?
    J’ai l’habitude de dire à mes élèves que le ballet est comme la fondation d’une maison, pour nos corps. Le ballet apporte une belle position du corps et des bras aux patineurs artistiques, on renforce et on allonge les muscles, on travaille le sens artistique, la souplesse, la force et la musicalité.  Ils aiment danser et sortir un peu du cadre très technique du patinage artistique. Également, je mets l’accent sur le travail des pieds, car les patineurs n’ont pas la chance de travailler assez les muscles de leurs pieds, étant donné que les bottes des patins sont rigides et ne permettent pas de travailler la musculature des pieds.  Le renforcement des pieds est extrêmement important selon moi, car ça permet de beaux atterrissages, un bon alignement des genoux et ça réduit le risque de blessures sur la glace. Également, un pied bien pointé dans les arabesques ou les pirouettes assises, ça peut faire toute une différence.
  • Que conseilles-tu aux adultes qui désirent commencer l’apprentissage du ballet ?
    J’admire beaucoup les adultes qui commencent les cours de ballet ou qui retournent aux cours de ballet. Je trouve que la chose la plus importante est de garder la passion de la danse dans son cœur et de profiter de tous les bienfaits que le ballet apporte au corps et au mental. C’est un beau cadeau à s’offrir en tant qu’adulte. La danse n’a pas d’âge et je suis toujours agréablement surprise de voir à quelle vitesse mes élèves adultes progressent et aussi, de voir les étoiles dans leurs yeux quand je leur apprends un nouveau pas ou quand on commence à pratiquer une chorégraphie.

%d blogueurs aiment cette page :